La généalogie d'Alexandra Bourdages Proulx,
fille de Guy Bourdages & Sylvie Proulx
Commentaire
Je suis convaincu qu'Alexandra appréciera le résultat de ma recherche à l'aide de l'IA GEMINI concernant la famille Bourdages en Gaspésie et qui se trouve à la fin de ce document.
Grand-Pré NÉ
A. Résumé de la généalogie d'Alexandra Bourdages Proulx
L'Ïle-Bonaventure QC
B. La généalogie d'Alexandra Bourdages Proulx
Île-du-Prince-Edouard
C. La description
Niveau 1 - Pierre Bourdages & Marie-Anne Chevalier
Mariage entre Pierre Bourdages & Marie-Anne Chevalier,
fils de Jean Bourdages & Marie Dusan
& fille de Guillaume Chevalier & Jeanne Ménard,
à l'Île-St-Jean, Île-du-Prince-Edouard, le 11 août 1721
Québec QC
Niveau 2 - Raymond Bourdages & Esther Leblanc
Document concernant Raymond Bourdages.
Autre document concernant la famille Bourdages
Document concernant Esther Leblanc.
La famille de Raymond Bourdages & Esther Leblanc
dans le Dictionnaire de l'Abbé Tanguay.
Naissance de Charlotte Bourdages,
fille de Raymond & Esther Leblanc,
à Notre-Dame-de-Québec le 13 décembre 1756.
Naissance de Jean-Marie Bourdages,
fils de Raymond & Esther Leblanc,
à Notre-Dame-de-Québec le 13 septembre 1759.
Naissance de Benjamin Bourdages,
fils de Raymond & Esther Leblanc,
à L'Ancienne-Lorette QC le 8 août 1762.
Naissance de Louis-Marie Bourdages,
fils de Raymond & Esther Leblanc,
à L'Ancienne-Lorette QC le 5 juillet 1764.
Naissance de Michel Bourdages,
fils de Raymond & Esther Leblanc,
à L'Ancienne-Lorette QC le 24 septembre 1766.
Naissance d'Esther Bourdages,
fille de Raymond & Esther Leblanc,
à L'Ancienne-Lorette QC le 20 juin 1768.
Naissance de Geneviève Bourdages,
fille de Raymond & Esther Leblanc,
à Notre-Dame-de-Québec le 3 janvier 1772.
Naissance de Marie-Antoinette Bourdages,
fille de Raymond & Esther Leblanc,
à Notre-Dame-de-Québec le 22 septembre 1773.
Naissance de Frédéric Bourdages
fils de Raymond & Esther Leblanc,
à Notre-Dame-de-Québec le 19 septembre 1777.
Naissance de Jean-Marie Antoine Bourdages,
fils de Raymond & Esther Leblanc,
à Notre-Dame-de-Québec le 5 février 1779.
Décès de Raymond Bourdages,
époux d'Esther Leblanc,
à Bonaventure QC le 7 juin 1787.
Décès d'Esther Leblanc,
veuve de Raymond Bourdages,
à Bonaventure QC le 17 mai 1805.
Décès de Jean-Marie Bourdages,
époux d'Angélique Bujold,
à Bonaventure QC le 16 mars 1820.
Décès d'Esther Bourdages,
épouse de Firmin Bujold,
à Bonaventure QC le 4 novembre 1821.
Décès de Benjamin Bourdages,
époux d'Esther Bujold,
à Bonaventure QC le 18 septembre 1823.
Décès de Geneviève Bourdages,
veuve de Nicolas Arsenault,
à Note-Dame-de-Québec le 17 juin 1830.
Décès de Louis-Marie Bourdages,
veuf de Louise-Catherine Soupirand,
à St-Denis-sur-Richelieu QC le 20 janvier 1835.
Décès de Marie-Antoinette Bourdages,
veuve en 2e noce de Martin Chiniquy,
à Notre-Dame-de-Québec le 19 octobre 1845.
St-Charles-de-Caplan QC
Niveau 3a - Antoine Bourdages & Charlotte Bourg
Document concernant Antoine Bourdages
Naissance de Charlotte Bourg,
fille de Joseph & Catherine Comeau,
à Carleton QC le 16 août 1783.
Elle serait née à Bonaventure selon une 2e source.
Mariage entre Antoine Bourdages & Charlotte Bourg,
fils de Raymond & Esther Leblanc
& fille de feu Joseph & Catherine Comeau,
à Bonaventure QC le 7 janvier 1800.
Naissance de Melchiade Bourdages,
fils d'Antoine & Charlotte Bourg,
à Bonaventure QC le 13 décembre 1800.
Naissance de Marie Bourdages,
fille d'Antoine & Charlotte Bourg,
à Bonaventure QC le 23 septembre 1802.
Naissance de Raymond Bourdages,
fils d'Antoine & Charlotte Bourg,
à Bonaventure QC le 29 janvier 1805.
Naissance d'Hyppolite Bourdages,
fils d'Antoine & Charlotte Bourg,
à Bonaventure QC le 3 juin 1807.
Naisance d'Olivier Bourdages,
fils d'Antoine & Charlotte Bourg,
à Bonaventure QC le 16 mars 1810.
Naissance de Monique Bourdages,
fille d'Antoine & Charlotte Bourg,
à Bonaventure QC le 28 juin 1812.
Naissance d'Alexandre Bourdages,
fils d'Antoine & Charlotte Bourg,
à Bonaventure QC le 20 août 1814.
Naissance de Louis-Théophile Bourdages,
fils d'Antoine & Charlotte Bourg,
à Bonaventure QC le 6 septembre 1816.
Naissance d'Hilarion Bourdages,
fils d'Antoine & Charlotte Bourg,
à Bonaventure QC le 30 avril 1819.
Naissance de Gilbert Bourdages,
fils d'Antoine & Charlotte Bourg,
à Bonaventure QC le 16 mai 1821.
Document concernant Gilbert Bourdages
Même événement
Décès de Charlotte Bourg,
épouse d'Antoine Bourdages,
à Bonaventure QC le 15 juin 1821.
Mariage entre Alexandre-Bernard Bourdages
& Adelaide Dominique,
fils d'Antoine & Charlotte Bourg
& fille de Pierre & Marie-Claire Richard,
à Notre-Dame-de-Montréal QC le 9 janvier 1849.
Décès d'Alexandre-Bernard Bourdages,
époux d'Adelaide Dominique,
à Notre-Dame-de-Montréal QC le 13 juillet 1849.
Décès de Louis Théophile Philippe Bourdage,
époux d'Élisabeth Couture,
à Percé QC le 26 jullet 1866.
Décès d'Olivier Bourdages,
époux d'Anasthasie Allain,
à St-Charles-de-Caplan QC le 23 janvier 1870.
Décès de Melchiade Bourdages,
époux d'Euphrosine Babin,
à St-Charles-de-Caplan QC le 7 décembre 1871.
Décès d'Hyppolite Bourdages,
époux d'Angélique Landry,
à St-Charles-de-Caplan QC le 6 juin 1876.
Décès d'Hilarion Bourdages,
époux d'Élisabeth Poirier,
à Bonaventure QC le 14 juin 1878.
Décès de Raymond Bourdages,
fils d'Antoine & Charlotte Bourg
& veuf d'Élisabeth Babin,
à St-Charles-de-Caplan QC le 4 décembre 1889.
Décès de Monique Bourdages,
veuve de Joseph Joncas,
à Grande-Rivière Gaspésie QC le 18 février 1895.
Décès de Gilbert Bourdages,
à St-Ignace de Kent NB le 20 avril 1912.
Bonaventure QC
Niveau 3b - Antoine Bourdages & Vénérande Bernard
Naissance de Vénérande Bernard,
fille de Jean & Marie Babin,
à Carleton QC le 23 septembre 1790.
Mariage entre Anotine Bourdages & Vénérande Bernard
veuf de Charlotte Bourg
& fille de feu Jean & feue Marie Babin,
à Bonaventure QC le 8 février 1825.
Naissance de Barthelemy Bourdages,
fils d'Antoine & Vénérande Bernard,
à Bonaventure QC le 25 décembre 1825.
Naissance d'Eugène Bourdages I,
fils d'Antoine & Vénérande Bernard,
à Bonaventure QC le 15 mars 1827.
Décès d'Eugène Bourdages I,
fils d'Antoine & Vénérande Bernard,
à Bonaventure QC le 23 septembre 1827.
Naissance d'Eugène Bourdages II,
fils d'Antoine & Vénérande Bernard,
à Bonaventure QC le 10 juin 1828.
Naissance de Salomon Bourdages,
fils d'Antoine & Bénérande Bernard,
à Bonaventure QC le 22 octobre 1829.
Naissance de Marcelline Bourdages,
fille d'Antoine & Vénérande Bernard,
à Bonaventure QC le 26 janvier 1831.
Décès de Vénérande Bernard,
épouse d'Antoine Bourdages,
à Bonaventure QC le 11 juillet 1846.
Décès d'Antoine Bourdages,
veuf de Vénérande Bernard,
à Bonaventure QC le 6 mai 1847.
Décès de Marie Marcelline Bourdages,
épouse de Théophile Leblanc,
à Carleton QC le 16 janvier 1892.
Décès d'Eugène Bourdages II,
veuf de Louise Cavanaugh,
à Beauport QC le 18 décembre 1906.
St-Charles-de-Caplan QC
Niveau 4 - Barthelemy Bourdages & Domithilde Poirier
Naissance de Domithilde Poirier,
fille de Louis & Marie-Séraphie Poirier,
à Bonaventure QC le 25 septembre 1826.
Mariage entre Barthelemy Bourdages & Domithilde Poirier,
fils de feu Antoine & Vénérande Bernard
& fille de Louis & Marie-Séraphie Poirier,
à Bonaventure QC le 28 août 1848.
Naissance de Salomon Bourdages,
fils de Barthelemy & Domithilde Poirier,
à Bonaventure QC le 7 août 1853.
Naissance de Jean-Louis Bourdages,
fils de Barthelemy & Domithilde Poirier,
à Bonaventure QC le 17 août 1855.
Naissance de Marie Bourdages,
fille de Barthelemy & Domithilde Poirier,
à Bonaventure QC le 10 janvier 1857.
Naissance de Samuel Bourdages,
fils de Barthelemy & Domithilde Poirier,
à Bonaventure QC le 19 octobre 1858.
Naissance de Marcelline Bourdages,
fille de Barthelemy & Domithilde Poirier,
à Bonaventure QC le 18 octobre 1860.
Recensement de la famille de Barthelemy Bourdage
& Domithilde Poirier à Bonaventure QC en 1861.
Naissance de Christine Bourdages,
fille de Barthelemy & Domithilde Poirier,
à Bonaventure QC le 4 juillet 1862.
Naissance de Madeleine Bourdages,
fille de Barthelemy & Domithilde Poirieer,
à Bonaventure QC le 23 décembre 1864.
Naissance de François Placide Bourdages,
fils de Barthelemy & Domithilde Poirier,
à Bonaventure QC le 26 août 1869.
Recensement de la famille de Barthelemy Bourdage
& Domithilde Poirier à Bonaventure QC en 1871.
Décès de Placide Bourdages,
fils de Barthelemy & Domithilde Poirier,
à Bonaventure QC le 29 octobre 1871.
Décès de Barthelemy Bourdages,
époux de Domithilde Poirier,
à Bonaventure QC le 13 janvier 1876.
Recensement de la famille de Domithilde Poirier-Bourdages
à Bonaventure QC en 1891.
Décès de Salomon Bourdages,
fils de Barthelemy & Domithilde Poirier,
à Bonaventure QC le 22 avril 1893.
Décès de Marcelline Bourdages,
fille de feu Barthelemy & Domithilde Poirier,
à Bonaventure QC le 11 avril 1896.
Décès de Domithilde Poirier,
veuve de Barthelemy Bourdages,
à Bonaventure QC le 12 décembre 1899.
Décès de Marie Bourdages,
épouse de Jean-Louis Poirier,
à Bonaventure QC le 23 décembre 1917.
Document concernant Christine Bourdages
L'ancienne-Lorette QC
Niveau 5a - Jean-Louis Bourdages & Marie-Louise Cousin
Document concernant Jean-Louis Bourdages.
Naissance de Louise Cousin,
fille de Isaac & Constance Fortier,
à Bonaventure QC le 30 janvier 1858.
Mariage entre Jean-Louis Bourdages & Louise Cousin,
fils de feu Barthelemy & Mathilde Poirier
& fille d'Isaac & Constance Fortier,
à Bonaventure QC le 20 novembre 1883.
Naissance de Louise Mathilde Bourdages,
fille de Jean-Louis & Louise Cousin,
à Bonaventure QC le 10 novembre 1884.
Naissance de Placide Bourdages,
fils de Jean-Louis & Louise Cousin,
à Bonaventure QC le 9 avril 1886.
Naissance de Marie-Claude Bourdages,
fille de Jean-Louis & Louise Cousin,
à Bonaventure QC le 20 mars 1888.
Naissance de Clothilde Bourdages,
fille de Jean-Louis & Louise Cousin,
à Bonaventure QC le 19 mai 1890. (jumelle)
Naissance de Jean-Pierre Bourdages,
fils de Jean-Louis & Louise Cousin,
à Bonaventure QC le 19 mai 1890. (jumeau)
Recensement de la famille de Louise Cousin
à Bonaventure QC le 1891.
Naissance de Clovis Thomas Bourdages,
fils de Jean-Louis & Louise Cousin,
à Bonaventure QC le 14 septembre 1893.
Naissance de Barthelemy Gauthier,
fils de Jean-Louis & Louise Cousin,
à Bonaventure QC le 29 décembre 1894.
Naissance d'Alphée Bourdages,
fils de Jean-Louise & Louise Cousin,
à Bonaventure QC le 25 juillet 1896.
Décès de Louise Cousin,
épouse de Jean-Louis Bourdages,
à Bonaventure QC le 11 mai 1898.
Décès de Barthelemy Bourdages,
fils de Jean-Louis & Louise Cousin,
à Bonaventure QC le 24 mai 1900.
Décès de Samuel Bourdages,
veuf d'Angélique Bourque,
à Bonaventure QC le 22 août 1927.
Mariage entre Placide Bourdages & Philomène Lachapelle,
fils de Jean-Louis & Louise Cousin
& fille de Joseph & Élisabeth Lorion,
à Berlin New Hampshire USA le 26 décembre 1923.
Décès de Mathilde Bourdages,
fille de Jean-Louis & Louise Cousin
& épouse de Charles Babin,
à Campbellton NB le 13 juillet 1931.
Niveau 5b - Jean-Louis Bourdages & Belzémire Gauthier
Naissance de Belzémire Gauthier,
fille de Luc & Marguerite Mauger,
à Bonaventure QC le 1er avril 1867.
Mariage ente Jean-Louis Bourdages & Belzémire Gauthier,
veuf de Louise Cousin
& fille de Luc & feue Marguerite Mauger,
à Bonaventure QC le 10 février 1902.
Recensement de la famille de Clovis Bourdages
à Bonaventure QC en 1901.
Naissance d'Émile Barthelemy Bourdages,
fils de Jean-Louis & Belzémire Gauthier,
à Bonaventure QC le 10 octobre 1903.
Décès d'Émile Barthelemy Bourdages,
fils de Jean-Louis & Belzémire Gauthier,
à Bonaventure QC le 10 février 1904
Naissance de Charles-Amédée,
fils de Jean-Louis & Belzémire Gauthier,
à Bonaventure QC le 22 novembre 1904.
Naissance de Marguerite Bourdages,
fille de Jean-Louis & Belzémire Gautheir,
à Bonaventure QC le 9 avril 1906.
Décès de Charles-Amédée Bourdages,
fils de Jean-Louis & Belzémire Gauthier,
à Bonaventure QC le 28 août 1907.
Naissance de Samuel Bourdages,
fils de Jean-Louis & Belzémire Gauthier,
à Bonaventure QC le 4 avril 1909.
Recensement de la famille de Jean-Louis Bourdages
& Belzémire Gauthier à Bonaventure QC en 1911.
Décès de Jean-Louis Bourdages,
époux de Belzémire Gauthier,
à Bonaventure QC le 11 janvier 1918.
Décès de Belzémire Gauthier,
veuve de Jean-Louis Bourdages en 2e noce,
à Bonaventure QC le 12 janvier 1935.
Niveau 6 - Clovis Thomas Bourdages & Catherine Bujold
Naissance de Catherine Bujold,
fille d'Olivier & Judith Lepage,
à St-Charles-de-Caplan QC le 26 novembre 1892.
Mariage entre Clovis Thomas Bourdages & Catherine Bujold,
fils de feu Jean-Louis & feue Louise Cousin
& fille d'Olivier & Judith Lepage,
à St-Charles-de-Caplan QC le 9 avril 1918.
Recensement de la famille de Clovis Bourdages
& Catherine Bujold à St-Quentin NB en 1931.
Décès de Rachel Bourdages,
fille de Clovis & Catherine Bujold,
à St-Quentin NB le 2 septembre 1934.
Niveau 7 - Florien Bourdages & Azilda Labbé
Niveau 8a - Guy Bourdages & Rita Gagnon
Niveau 8b - Guy Bourdages & Sylvie Proulx
St-Quentin NB
Recherche générée par l'ISA Gemini
L'odyssée de la famille Bourdages en Gaspésie : implantation économique, contestations foncières et postérité politique de Raymond Bourdages à BonaventureL'histoire de la famille Bourdages au Canada représente un exemple d'adaptation socio-économique, de résilience face aux bouleversements géopolitiques et de mobilisation politique dans l'Amérique du Nord britannique. S'étendant de l'arrivée du maître-chirurgien français Raymond Bourdages au milieu du XVIIIe siècle jusqu'aux entreprises agrotouristiques contemporaines de ses descendants en Gaspésie, cette trajectoire familiale s'inscrit au cœur des grands thèmes de l'histoire canadienne : la Déportation des Acadiens, la reconstruction des communautés francophones sous le Régime britannique, les conflits pour la propriété des terres et l'émergence du réformisme patriote au Bas-Canada.
Les origines européennes et l'insertion acadienne de Raymond Bourdages
Pendant de nombreuses décennies, l'historiographie et la généalogie de la famille Bourdages en Amérique ont été obscurcies par des incertitudes et des erreurs persistantes concernant les origines de son patriarche, Raymond Bourdages (parfois orthographié Bordages ou Bordage). Des travaux anciens suggéraient à tort qu'il était né en Acadie ou qu'il était le fils de Pierre Bourdages, un charpentier, et de Marie-Anne Chevalier, un couple marié à Port-Lajoie en 1721.
Des recherches documentaires rigoureuses menées dans les archives paroissiales françaises ont permis de rectifier définitivement sa filiation. Raymond Bourdages est né et a été baptisé le 12 mars 1731 à Estancarbon, dans la province historique du Languedoc (actuel département de la Haute-Garonne, en France). Il était le fils de Jean Bourdages (également orthographié Bourdtages dans les registres paroissiaux) et de Catherine Guchereau. Ses parrain et marraine étaient Raymond Bourdatges et Marie Brun, tous deux résidents d'Estancarbon. Ces variations orthographiques s'expliquent par l'influence linguistique de l'occitan dans le Sud-Ouest de la France au XVIIIe siècle, bien que Raymond ait lui-même toujours signé ses actes sous la forme « Bourdages ».
Ce lien avec le diocèse de Comminges est confirmé par une procuration officielle rédigée par Raymond le 27 septembre 1764 devant un notaire royal de Québec. Alors négociant établi dans la capitale coloniale, il accordait de larges pouvoirs financiers et administratifs à son frère, l'abbé Pierre Bourdages, prêtre et curé de la paroisse d'Estancarbon, notamment pour recouvrer en son nom des ordonnances du Canada appartenant au sieur Jacques Christophe Babuty, en relation avec le marchand Taillandier de Toulouse.
Ayant reçu une formation solide de maître-chirurgien en France, Raymond Bourdages s'embarque pour le Nouveau Monde et arrive au Canada vers 1755, dans un contexte de crise militaire aiguë marquant le début de la guerre de Sept Ans. Il sert d'abord comme chirurgien-major auprès des troupes françaises stationnées en Acadie, probablement au sein de la garnison du Fort La Tour (situé à l'embouchure de la rivière Saint-Jean, dans l'actuel Nouveau-Brunswick), alors placé sous le commandement de Charles Deschamps de Boishébert. C'est dans cette région qu'il fait la rencontre de Marie-Esther LeBlanc, fille de René LeBlanc, notaire royal de Grand-Pré (Minas, en Nouvelle-Écosse), et de Marguerite Thébeau. Le mariage est célébré le 22 février 1756 à la mission Saint-Joseph de la rivière Saint-Jean par le père Germain, un missionnaire jésuite œuvrant auprès des populations autochtones malécites. L'acte de mariage original rédigé par le père Germain qualifie explicitement Raymond de « natif de France », ce qui constitue une preuve contemporaine majeure de ses origines européennes.
Table 1 : Jalons biographiques et transactions clés de Raymond Bourdages (1731-1797)
Date / PériodeLieuType d'événementDétails et implications historiquesSources12 mars 1731 Estancarbon, France Naissance et baptême Fils de Jean Bourdages et Catherine Guchereau. Origines confirmées dans le Comminges.
1755 Acadie (Nouvelle-France) Arrivée militaire Engagé comme maître-chirurgien au service des troupes de Boishébert.
22 février 1756 Rivière Saint-Jean, Acadia Mariage Union avec Marie-Esther LeBlanc, célébrée par le jésuite missionnaire Jean-Baptiste Germain.
Hiver 1756-1757 L'Ancienne-Lorette, Québec Exode de la Déportation Fuite de l'Acadie pour échapper aux rafles britanniques ; installation près de Québec.
17 octobre 1760 Québec (étude Sanguinet) Acte de donation mutuelle Contrat d'usufruit viager mutuel signé avec sa femme en présence de leurs deux premiers enfants malades.
1762 Bonaventure et Caraquet Fondation commerciale Achat de 300 acres à Bonaventure ; construction du premier moulin et d'un poste à Caraquet.
27 septembre 1764 Québec Procuration notariale Pouvoir de gestion financière octroyé à son frère, l'abbé Pierre Bourdages, prêtre en France.
Juin 1778 Bonaventure, Gaspésie Capture et destruction Fait prisonnier par des corsaires américains ; ses magasins et moulins sont incendiés.
17 juillet 1787 Bonaventure, Gaspésie Décès Mort à l'âge de 56 ans (certaines sources mentionnent le 10 août 1787).
9 juin 1797 Bonaventure, Gaspésie Translation des cendres Cendres recueillies par le père DeLavaivre et déposées sous la seconde église paroissiale.
Le déploiement commercial dans la baie des Chaleurs
Fuyant les troubles de la Déportation des Acadiens, Raymond Bourdages et son épouse se réfugient à l'Ancienne-Lorette, près de Québec, au cours de l'hiver 1756-1757. C'est là que naît leur premier enfant, Marie-Charlotte, baptisée à Notre-Dame de Québec le 13 décembre 1756. Le couple aura au total onze ou douze enfants, tous baptisés à Québec entre 1756 et 1779, la famille conservant cette double implantation urbaine et régionale pour assurer l'accès aux structures religieuses et éducatives de la colonie.
En octobre 1760, alors qu'il s'apprête à entreprendre un voyage en Europe pour régler des affaires de succession, Raymond Bourdages signe un acte de donation réciproque devant les notaires Sanguinet et Lanoullier à Québec. Ce document témoigne de la précarité de leur situation, le couple n'ayant alors pas de contrat de mariage formel et devant s'occuper de deux jeunes enfants malades et infirmes.
Après son retour de France en 1762, Raymond Bourdages décide d'exploiter les opportunités commerciales de la baie des Chaleurs, un territoire en pleine restructuration économique après la Conquête britannique. Cette région voit alors affluer des vagues de réfugiés acadiens fuyant les persécutions. En 1760, par exemple, à la suite de la destruction du poste français de la rivière Ristigouche lors de la bataille de la Ristigouche, le capitaine de milice Joseph Gauthier avait transporté à bord de sa goélette des dizaines de familles acadiennes pour les installer à l'embouchure de la rivière Bonaventure, un port naturel à l'abri des navires de la Royal Navy.
Raymond Bourdages perçoit le potentiel halieutique et forestier de cette côte et y établit deux comptoirs de traite : l'un à Bonaventure et l'autre à Caraquet, sur la rive sud de la baie (aujourd'hui au Nouveau-Brunswick). Afin d'assurer le fonctionnement de ses établissements, Bourdages met en place un modèle d'entreprise reposant sur des solidarités familiales et communautaires. Il emploie ses jeunes beaux-frères, Benjamin et Jean-Baptiste LeBlanc, qui s'installent à Tracadièche (actuel Carleton-sur-Mer), ainsi qu'un cousin par alliance, Alexis Landry, l'un des pionniers fondateurs de Caraquet. Les pêcheurs acadiens locaux s'engagent à pêcher la morue pour le compte de Bourdages ou de son concurrent jersiais Charles Robin, jetant ainsi les bases de l'économie de marché de la baie des Chaleurs. À Bonaventure, en plus de sa maison et de ses magasins construits sur un domaine de 300 acres acquis vers 1762, Raymond fait ériger, à la demande des habitants, deux moulins indispensables à la colonisation, dont un moulin à farine situé sur le ruisseau Cullen (renommé plus tard ruisseau Day).
Les épreuves de la guerre d'Indépendance américaine et les contestations foncières
Le développement des affaires de Raymond Bourdages s'est heurté à un climat d'instabilité permanente, qualifié d'« incertitude chronique » par les historiens. Sur le plan juridique, Bourdages doit faire face dès 1763 aux prétentions de William Van Felson, un Hollandais qui revendique l'exclusivité des droits fonciers sur toute la baie des Chaleurs. En 1766, c'est l'arpenteur général Samuel Johannes Holland qui réclame une concession gouvernementale englobant directement les terres de Bourdages à Bonaventure. Cette absence de reconnaissance formelle des titres de propriété par l'administration britannique fragilise grandement l'établissement des pionniers acadiens et français, et engage les héritiers de Bourdages dans un interminable conflit juridique qui ne trouvera sa résolution qu'en 1825.
À ces disputes foncières s'ajoutent les violences militaires de la guerre d'Indépendance américaine. Durant l'été 1778, des corsaires américains naviguant dans le golfe du Saint-Laurent mènent des incursions dévastatrices sur les côtes de la Gaspésie. Ils pillent et incendient les installations commerciales de Raymond Bourdages à Bonaventure, ainsi que celles de Charles Robin à Paspébiac. Raymond Bourdages lui-même est capturé et fait prisonnier de guerre en juin 1778.
L'année suivante, sous l'influence de l'agent révolutionnaire américain John Allan, qui attise le mécontentement des populations autochtones locales, seize Micmacs des rivières Restigouche et Miramichi attaquent le poste de traite de Bourdages à Caraquet le 22 mars 1779. Ils pillent les marchandises sous prétexte de l'existence d'un état de guerre avec la Couronne britannique. Raymond Bourdages, dont la date exacte de libération par les Américains reste inconnue, n'était apparemment pas sur les lieux lors de ce second raid.
Miné par ces épreuves et par les pertes matérielles, Raymond Bourdages s'éteint à Bonaventure au cours de l'été 1787, à l'âge de 56 ans, les archives présentant une légère divergence quant à la date exacte de son décès, située entre le 17 juillet et le 10 août 1787. Il est d'abord inhumé sous la première église de Bonaventure, alors située à la pointe Beaubassin. Après la destruction de ce premier temple en bois par un incendie en 1791, le missionnaire DeLavaivre recueille pieusement ses cendres le 9 juin 1797 pour les inhumer solennellement sous la seconde église de la paroisse, située sur le site actuel de l'ancien couvent.
Le développement des affaires de Raymond Bourdages s'est heurté à un climat d'instabilité permanente, qualifié d'« incertitude chronique » par les historiens. Sur le plan juridique, Bourdages doit faire face dès 1763 aux prétentions de William Van Felson, un Hollandais qui revendique l'exclusivité des droits fonciers sur toute la baie des Chaleurs. En 1766, c'est l'arpenteur général Samuel Johannes Holland qui réclame une concession gouvernementale englobant directement les terres de Bourdages à Bonaventure. Cette absence de reconnaissance formelle des titres de propriété par l'administration britannique fragilise grandement l'établissement des pionniers acadiens et français, et engage les héritiers de Bourdages dans un interminable conflit juridique qui ne trouvera sa résolution qu'en 1825.
À ces disputes foncières s'ajoutent les violences militaires de la guerre d'Indépendance américaine. Durant l'été 1778, des corsaires américains naviguant dans le golfe du Saint-Laurent mènent des incursions dévastatrices sur les côtes de la Gaspésie. Ils pillent et incendient les installations commerciales de Raymond Bourdages à Bonaventure, ainsi que celles de Charles Robin à Paspébiac. Raymond Bourdages lui-même est capturé et fait prisonnier de guerre en juin 1778.
L'année suivante, sous l'influence de l'agent révolutionnaire américain John Allan, qui attise le mécontentement des populations autochtones locales, seize Micmacs des rivières Restigouche et Miramichi attaquent le poste de traite de Bourdages à Caraquet le 22 mars 1779. Ils pillent les marchandises sous prétexte de l'existence d'un état de guerre avec la Couronne britannique. Raymond Bourdages, dont la date exacte de libération par les Américains reste inconnue, n'était apparemment pas sur les lieux lors de ce second raid.
Miné par ces épreuves et par les pertes matérielles, Raymond Bourdages s'éteint à Bonaventure au cours de l'été 1787, à l'âge de 56 ans, les archives présentant une légère divergence quant à la date exacte de son décès, située entre le 17 juillet et le 10 août 1787. Il est d'abord inhumé sous la première église de Bonaventure, alors située à la pointe Beaubassin. Après la destruction de ce premier temple en bois par un incendie en 1791, le missionnaire DeLavaivre recueille pieusement ses cendres le 9 juin 1797 pour les inhumer solennellement sous la seconde église de la paroisse, située sur le site actuel de l'ancien couvent.
Louis Bourdages : engagement notarial, militaire et lutte parlementaire
Fils aîné de Raymond, Louis Bourdages (né le 5 ou 6 juillet 1764 à L'Ancienne-Lorette) hérite de la charge de défendre le patrimoine familial. Ayant passé son enfance dans le climat de précarité de la baie des Chaleurs, il développe très tôt une profonde amertume envers l'administration coloniale britannique qu'il accuse des malheurs de son peuple. Admis au Petit Séminaire de Québec de 1777 à 1784, il y reçoit une éducation classique d'excellence, se distinguant en mathématiques et en philosophie, et se lie d'amitié avec Pierre-Stanislas Bédard, futur leader du Parti canadien. Après des débuts comme marin au long cours dans les Antilles et en Europe, il épouse Louise-Catherine Soupiran le 9 octobre 1787 à Québec, fille du chirurgien Charles-Simon Soupiran, s'insérant ainsi dans la bourgeoisie marchande de la capitale.
Fils aîné de Raymond, Louis Bourdages (né le 5 ou 6 juillet 1764 à L'Ancienne-Lorette) hérite de la charge de défendre le patrimoine familial. Ayant passé son enfance dans le climat de précarité de la baie des Chaleurs, il développe très tôt une profonde amertume envers l'administration coloniale britannique qu'il accuse des malheurs de son peuple. Admis au Petit Séminaire de Québec de 1777 à 1784, il y reçoit une éducation classique d'excellence, se distinguant en mathématiques et en philosophie, et se lie d'amitié avec Pierre-Stanislas Bédard, futur leader du Parti canadien. Après des débuts comme marin au long cours dans les Antilles et en Europe, il épouse Louise-Catherine Soupiran le 9 octobre 1787 à Québec, fille du chirurgien Charles-Simon Soupiran, s'insérant ainsi dans la bourgeoisie marchande de la capitale.
(Médecin et député, d. 1832) (Arpenteur et exécuteur,
conservateur de la valise)
En 1790, Louis Bourdages choisit de s'établir à Saint-Denis-sur-Richelieu. Il y commence une carrière de cultivateur et entreprend des études de notariat à partir de 1800. Reçu notaire en 1805, il devient rapidement un notable influent, agissant comme agent seigneurial et syndic paroissial. Lors de la guerre de 1812, il participe activement à la défense de la province contre la menace américaine, atteignant le grade de lieutenant-colonel de la milice de Saint-Denis-sur-Richelieu, ce qui lui vaut d'être nommé surintendant des postes de relais en 1814.
Sur le plan politique, Louis Bourdages s'impose comme l'un des parlementaires les plus éloquents et les plus redoutés de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada, où il siège presque sans interruption de 1804 à sa mort en 1835, représentant successivement les circonscriptions de Richelieu, Buckinghamshire et Nicolet. Orateur de premier plan, il cofonde le journal Le Canadien en 1806 pour promouvoir les revendications nationalistes et s'oppose vigoureusement au projet d'Union des deux Canadas en 1822. Il consacre les dernières années de sa vie à la rédaction et à la diffusion des célèbres Quatre-vingt-douze Résolutions de 1834, qui dénoncent le caractère oligarchique du pouvoir colonial britannique. Il décède en fonction d'une attaque d'apoplexie le 20 janvier 1835 à Saint-Denis-sur-Richelieu.
Sur le plan politique, Louis Bourdages s'impose comme l'un des parlementaires les plus éloquents et les plus redoutés de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada, où il siège presque sans interruption de 1804 à sa mort en 1835, représentant successivement les circonscriptions de Richelieu, Buckinghamshire et Nicolet. Orateur de premier plan, il cofonde le journal Le Canadien en 1806 pour promouvoir les revendications nationalistes et s'oppose vigoureusement au projet d'Union des deux Canadas en 1822. Il consacre les dernières années de sa vie à la rédaction et à la diffusion des célèbres Quatre-vingt-douze Résolutions de 1834, qui dénoncent le caractère oligarchique du pouvoir colonial britannique. Il décède en fonction d'une attaque d'apoplexie le 20 janvier 1835 à Saint-Denis-sur-Richelieu.
La valise de Louis Bourdages et la conservation patrimoniale
Parmi les objets ayant survécu aux bouleversements des Rébellions de 1837-1838 figure la valise notariale personnelle de Louis Bourdages, un meuble portatif d'une valeur historique exceptionnelle. Ce coffre en bois, mesurant 25 centimètres de hauteur, 49 centimètres de largeur et 34 centimètres de profondeur, est recouvert d'une peau de veau et orné d'un liséré de cuir rehaussé de clous métalliques. Fabriqué entre 1794 et 1835 sous le Régime britannique, il servait à transporter les minutes notariales et les documents politiques de Louis Bourdages lors de ses déplacements entre son étude de Saint-Denis et le Parlement de Québec.
L'historique de transmission de cet objet illustre son importance mémorielle pour la communauté patriote et la famille Bourdages. Au décès de Louis en 1835, le coffre est confié à son fils et exécuteur testamentaire, Jean-David Bourdages, arpenteur de profession. Quelques jours avant sa propre mort en 1883, David remet la valise à un ami proche de la famille, le docteur Richard de Saint-Denis-sur-Richelieu, avec pour consigne de la restituer aux descendants de la famille si l'occasion se présentait.
À la fin de sa vie, le docteur Richard confie à son tour l'objet à son homme de confiance, un nommé Desrosiers, avec les mêmes instructions. Pendant cette période, la résidence du docteur Richard est convertie en monument historique commémorant les insurrections patriotes, et la valise y demeure temporairement conservée.
En 1987, respectant les volontés séculaires des héritiers, Desrosiers remet officiellement la valise à deux descendants directs, Rodrigue et Paul Bourdages. Paul Bourdages, alors directeur du conseil d'administration de l'Association des Bourdages d'Amérique, en fait l'acquisition au nom de l'organisme en 1989. En 1990, afin de préserver ce patrimoine national au sein de la région d'origine de la famille, l'association dépose le coffre au Musée acadien du Québec à Bonaventure (situé au 95, avenue Port-Royal), où il est aujourd'hui exposé au public.
Parmi les objets ayant survécu aux bouleversements des Rébellions de 1837-1838 figure la valise notariale personnelle de Louis Bourdages, un meuble portatif d'une valeur historique exceptionnelle. Ce coffre en bois, mesurant 25 centimètres de hauteur, 49 centimètres de largeur et 34 centimètres de profondeur, est recouvert d'une peau de veau et orné d'un liséré de cuir rehaussé de clous métalliques. Fabriqué entre 1794 et 1835 sous le Régime britannique, il servait à transporter les minutes notariales et les documents politiques de Louis Bourdages lors de ses déplacements entre son étude de Saint-Denis et le Parlement de Québec.
L'historique de transmission de cet objet illustre son importance mémorielle pour la communauté patriote et la famille Bourdages. Au décès de Louis en 1835, le coffre est confié à son fils et exécuteur testamentaire, Jean-David Bourdages, arpenteur de profession. Quelques jours avant sa propre mort en 1883, David remet la valise à un ami proche de la famille, le docteur Richard de Saint-Denis-sur-Richelieu, avec pour consigne de la restituer aux descendants de la famille si l'occasion se présentait.
À la fin de sa vie, le docteur Richard confie à son tour l'objet à son homme de confiance, un nommé Desrosiers, avec les mêmes instructions. Pendant cette période, la résidence du docteur Richard est convertie en monument historique commémorant les insurrections patriotes, et la valise y demeure temporairement conservée.
En 1987, respectant les volontés séculaires des héritiers, Desrosiers remet officiellement la valise à deux descendants directs, Rodrigue et Paul Bourdages. Paul Bourdages, alors directeur du conseil d'administration de l'Association des Bourdages d'Amérique, en fait l'acquisition au nom de l'organisme en 1989. En 1990, afin de préserver ce patrimoine national au sein de la région d'origine de la famille, l'association dépose le coffre au Musée acadien du Québec à Bonaventure (situé au 95, avenue Port-Royal), où il est aujourd'hui exposé au public.
L'enracinement agraire : sept générations à la Ferme Bourdages de Saint-Siméon
Alors que la branche de Louis Bourdages s'illustrait dans la vallée du Richelieu, d'autres descendants de Raymond Bourdages sont demeurés profondément ancrés dans le sol gaspésien. En 1821, François-Xavier Bourdages, arrière-arrière-grand-père d'Alexis Bourdages, s'établit sur une terre de défrichement située à Saint-Siméon, une municipalité voisine détachée de Bonaventure en 1915. Durant plus d'un siècle, la famille y pratique une agriculture de pure subsistance, complétée par la pêche en mer pour assurer la survie du foyer.
Le tournant commercial s'opère dans les années 1940 sous l'impulsion d'Alexis Bourdages (né en 1917) et de son épouse Julia Paquet. Doté d'un fort esprit entrepreneurial, Alexis transforme la ferme de subsistance en une exploitation laitière et maraîchère prospère. Julia, forte d'une formation en secrétariat, gère l'administration de l'entreprise et ouvre un gîte estival dans la maison familiale, apportant une sécurité financière indispensable au développement de la ferme. Alexis s'illustre également dans la communauté en tant que sourcier, parcourant le Québec pour localiser les nappes d'eau souterraines.
Au milieu des années 1970, leur fils Roger Bourdages prend la relève et oriente l'exploitation vers la production bovine, tout en préservant les cultures maraîchères. En 1990, l'arrivée de son fils Pierre Bourdages, diplômé en technologie agricole, marque une étape décisive avec l'incorporation de la société sous le nom de Ferme Roger Bourdages et fils. L'entreprise se spécialise alors dans la culture de la fraise à grande échelle et lance la gamme de produits transformés Tradition Bourdages en 1995, avant d'initier la vinification de la fraise au début des années 2000.
L'entreprise familiale prend sa structure actuelle en 2007 avec le retour de Jean-François Bourdages, qui après une formation spécialisée en viticulture, s'associe à son frère Pierre. En 2010, les deux frères rachètent les parts de leurs parents et rebaptisent l'entreprise Ferme Bourdages Tradition. Aujourd'hui, l'exploitation cultive et transforme de manière écoresponsable la fraise et la rhubarbe, produisant des vins reconnus (tels que la cuvée apéritive Léa) et développant un pôle majeur d'agrotourisme gaspésien. Représentant sept générations d'agriculteurs passionnés établis sur la même terre ancestrale depuis 1821, la Ferme Bourdages Tradition témoigne de la pérennité de l'enracinement acadien et français en Gaspésie.
La micro-histoire toponymique et mémorielle de Bonaventure
La présence historique de Raymond Bourdages et de ses descendants a laissé des traces indélébiles dans l'organisation toponymique et patrimoniale de la ville de Bonaventure. Un examen détaillé des concessions d'origine, des pétitions de 1789 et des points d'intérêt le long de la route 132 Est montre comment le nom des Bourdages s'est inscrit dans la géographie locale.
La présence historique de Raymond Bourdages et de ses descendants a laissé des traces indélébiles dans l'organisation toponymique et patrimoniale de la ville de Bonaventure. Un examen détaillé des concessions d'origine, des pétitions de 1789 et des points d'intérêt le long de la route 132 Est montre comment le nom des Bourdages s'est inscrit dans la géographie locale.
Table 2 : Les requérants pour les titres de propriété à Bonaventure (Pétition du 5 avril 1789)
Secteur géographiqueInhabitant / Propriétaire recenséLien historique et généalogiqueSourcesSud-Est de la Rivière Bonaventure Charles Poirier Famille acadienne établie depuis 1762.
Charles Bujol, Jr. Famille de pionniers réfugiés de 1760.
Pierre Poirier dit Parrot Acadiens de la première vague coloniale.
Charles Bujol, Sr. Famille d'ascendance acadienne établie à l'embouchure.
François Richard Établi sur les terres de défrichement de l'Est.
Pierre Poirier Cultivateur pionnier de Bonaventure.
Jean-Baptiste Richard Propriétaire terrien de la baie des Chaleurs.
Ambroise Babin Réfugié acadien de la Déportation de 1755.
Thomas Babin Membre des premières familles fondatrices.
Esther LeBlanc (Veuve Bourdages) Épouse de Raymond Bourdages ; gère la succession et ses enfants.
Table 3 : Inventaire patrimonial de l'Est de Bonaventure (Route 132 Est et secteurs connexes)
Adresse / EmplacementIdentifiantNom du site ou monument historiqueRôle historique et lien avec la famille BourdagesSources212, route 132 Est N° 19 Premier Moulin de Raymond Bourdages Construit en 1762 sur le ruisseau Cullen ; premier moulin à farine de la ville.
121, route 132 Est N° 2 Second atelier de rembourrage Tenu par Julien Bourdages ; repris par son fils Gabriel pour l'encadrement jusqu'aux années 2000.
140, route 132 Est N° 5 Magasin général Placide Bourdages Ouvert dans les années 1920 ; vendu à sa fille Laurette, puis converti en logements par Bernard Forest.
118, route du Cap-de-Sable N° 7 Terre d'établissement originelle Maison de Jimmy Bourdages ; la plage adjacente conserve l'appellation populaire « Plage à Jimmy ».
184, route 132 Est N° 10 Bureau de poste Hilarion Bourdages Bureau de poste local actif des années 1940 au début des années 1950 (bâtiment démoli).
189, route 132 Est N° 11 Boulangerie commerciale Bourdages Établissement de fabrication de pain de consommation active de 1945 à 1984.
Près du 186, route 132 Est N° 12 Mini-golf de Bonaventure-Est Terrain de jeu et d'entraînement opéré par Évariste Bourdages entre 1970 et 1975.
Extrémité de la rue Bourmer N° 13 Camping Neptune Site de 69 emplacements opéré par Armand Bourdages et Simone Langlois de 1970 à 1990.
203, route 132 Est N° 15 Magasin général Léo Bourdages Maison paternelle d'Ovide Bourdages (années 1940-1950) ; lieu de naissance de Mgr Alcidas Bourdages.
203, route 132 Est N° 16 Garage Edgar Bourdages Garage mécanique d'après-guerre actif durant les années 1940 et 1950.
206, route 132 Est N° 17 Atelier de forge et d'embaumement André Bourdages y forgeait des pièces et fabriquait lui-même des cercueils en bois.
221, route 132 Est N° 23 Hôtel chez Wilson Bourdages Établissement hôtelier aménagé dans la maison du fils de l'ancien maire Pierre Bourdages (détruit en 2000).
Secteur Sainte-Hélène-de-la-Croix N/A Route Bourdages (nommée en 1997) Ancienne zone agricole renommée pour honorer les producteurs de pommes de terre de la famille.
178, route Bourdages N° 35 Ferme du Littoral Ancienne propriété de la Ferme Réjean E. Bourdages, restructurée sous administration moderne en 2014.
201, route Bourdages N° 38 Magasin Maurice Bourdages Ancien magasin de détail agricole de proximité servant le secteur de Sainte-Hélène.
Pointe de Beaubassin N/A Phare de Bonaventure Deuxième emplacement (Pointe Bonaventure) de 1907 à 2005 ; déplacé à Beaubassin comme attrait touristique.
95, avenue Port-Royal N/A Musée acadien du Québec Conserve les meules de pierre du moulin historique Day de 1827 et la valise de Louis Bourdages.
Cette micro-histoire spatiale et généalogique témoigne de la manière dont la descendance de Raymond Bourdages a façonné le développement matériel de la municipalité de Bonaventure. Aujourd'hui, la mémoire collective de cette dynastie est préservée par le Parc des Familles Souches, inauguré le 15 août 2004, qui rend un hommage permanent aux familles pionnières : Arsenault, Bourdages, Bujold, Forest, Poirier, Cayouette, Henry et Babin. Les habitants de Bonaventure, couramment désignés sous le terme de « Cayens » (une altération phonétique d'« Acadiens »), perpétuent ainsi le souvenir d'un peuple qui a su surmonter les épreuves de l'exil pour bâtir une communauté d'une remarquable vitalité culturelle et économique.























































































































































